"C'est
totalement inattendu car "Toa Reva", qui a 21 ans d'existence, a un
peu souffert ces dernières années et le moral était très, très bas",
a déclaré à Tahitipresse Manouche Lehartel, chef du groupe "Toa Reva"
qui a remporté le premier prix du festival de danse Hura Tapairu 2006,
avant de poursuivre: "la troupe a su se mobiliser et se motiver en un
peu plus d'un mois pour ce concours. En ce qui me concerne, j'estime
que c'est pratiquement un miracle. Nous étions tout d'abord en compétition
contre nous-mêmes et, à ce titre, je suis ravie que "Toa Reva" ait pu
remonter la pente. (...) Mon prix dans la catégorie 'Josie et Don Over',
est la "cerise sur le gâteau" mais c'est vraiment un succès de toute
la troupe car "Toa Reva" était moribond il y a seulement deux mois".
Hei Tahiti en grande forme
La troupe de danse "Hei Tahiti" qui ne cesse de collectionner depuis
trois ans les titres dans les nombreux concours proposés en Polynésie
est dirigée par la plantureuse Tiare Trompette, qui, pour l'occasion,
a présenté deux formations et a prouvé encore une fois "s'il le fallait",
tout son talent.
En
raflant les deux premières places de la catégorie 'Hula' et la deuxième
place de la catégorie 'Hura Tapairu' avec ses deux formations, Tiare
Trompette a proposé deux chorégraphies totalement abouties: "Je me suis
inspirée d'une chanson de Michel Chaze pour la chorégraphie qui a remporté
le deuxième prix du 'Hula' avec la formation Hei tahiti 1", explique
Tiare. "Cette chanson parle du vent et d'un oiseau qui sont les marques
de nos Tupuna (ancêtres), les danseuses étaient habillées de robes noires
pour symboliser la mort, mais la mort dans son sens positif car on sait
très bien que nos ancêtres sont toujours présents auprès de nous. (...)
Pour l'autre formation, Hei tahiti 2, qui a participé à la catégorie
'Hura Tapairu', et 'Hula', nous avons présenté un concept plus qu'un
thème, sur la base de la musique traditionnelle. Il faut savoir que
la musique traditionnelle repose sur le "Toma" (Ndlr- unité percussive
instrumentale correspondant à une période entre deux coups de bâton
sur caisse de résonance type "to'ere). Il était intéressant pour moi
de montrer autre chose qu'une légende et de démontrer ce que peut apporter
la musique au corps dont l'instrument est le danseur."
A l'annonce des résultats, les artistes du groupes affichaient un enthousiasme
à toute épreuve en déclarant, par la voix de Nanihi Croteau, danseuse
de la troupe :"c'est toujours une grande victoire pour nous, que l'on
termine premier, deuxième ou dernier, car on gagne à chaque fois un
peu plus le coeur du public, et l'on trouve ceci plus important que
tous les premiers prix. On a vraiment pris un grand plaisir à monter
ce spectacle, on était tous solidaires et les résultats témoignent d'eux
mêmes de la volonté des danseurs et danseuses."
'Apa Toa, la surprise
"'Apa Toa",
qui signifie "Guerrier des Arts" est une troupe qui s'est constituée
en seulement deux mois pour participer au "Hura tapairu". Elle émane
de l'association portant le même nom. Cette troupe qui a créé la surprise
en remportant les troisièmes places du 'Hura tapairu' et du 'Hula',
a présenté des chorégraphies d'une grande maturité malgré son jeune
âge. Les responsables du groupe ont voulu faire passer un message, à
travers leur héros "Apatoa", destiné à sensibiliser le public à l'oubli
de la culture d'une population perdue entre modernisme et authenticité,
et qui retrouvera ses racines grâce au chant et à la danse.
La troupe qui pour un coup d'essai a prouvé tout son talent, devrait
théoriquement continuer sur sa lancée, même si son but initial était
simplement de participer au concours.